Mode

Tamara Mellon: « Vous apprenez de vos erreurs »

Après avoir fait de Jimmy Choo une marque reconnue à travers le monde, Tamara Mellon se lance en solo.

 “C’est la plus grande faveur qu’ils m’aient fait. Je ne sais pas où je serais aujourd’hui s’ils ne m’avaient pas renvoyée”, voilà comment Tamara Mellon parle de son renvoi de Vogue. “Deux semaines plus tard, j’étais en cure de désintoxication”. Et le reste est connu de tous. En 1996, Tamara Mellon a co-fondé la marque de chaussures Jimmy Choo Ltd en compagnie du chausseur Jimmy Choo. Cinq ans plus tard, la marque s’était déjà fait un nom, comptant pas moins de 100 revendeurs dans le monde, dont Saks Fifth Avenue et Harrods et ayant été citée dans Sex and the City. La même année, Jimmy Choo vendait ses parts, tandis que Mellon attendrait 2011, après que la marque ait été vendue à Labelux.

C’est hier matin, au Condé Nast College of Fashion and Design de Londres que Tamara Mellon a rencontré les étudiants pour un Q&A. Cette année, Tamara Mellon a lancé sa marque éponyme et publié une autobiographie, In my shoes, dans laquelle elle raconte l’histoire de Jimmy Choo Ltd. Cependant, le contexte ayant beaucoup évolué, il ne faut pas s’attendre à ce que cette nouvelle ligne soit identique à celle qu’elle a co-fondé il y a maintenant presque 20 ans. “Je pense que le monde a complètement changé depuis que nous avons lancé Jimmy Choo”, a-t-elle expliqué. “Dans les 90’s il n’y avait que Manolo Blahnik mais maintenant, tout le monde fait des chaussures. Et avec les médias sociaux, c’est un monde différent. Il faut parler à ses clients”.  Et le client, c’est bien à lui qu’elle pense, lorsqu’elle réduit les temps de production, les faisant passer de 6 mois à 3 et lorsqu’elle insiste pour n’offrir que des matières premières italiennes. De la même manière, elle rappelle aux étudiants que c’est le produit qui prime, pas le marketing qui l’entoure. “La qualité, l’innovation… Et si vous avez un bon produit les gens vous trouveront. (…) La cliente est intelligente, elle ne s’éprendra pas d’un produit qui n’est pas bon.” Cependant, en plus de la qualité, l’innovation importe également. Et elle se remémore que “il y a eu des moments où la société a perdu des millions parce qu’ils n’avaient pas la vision”. Ceux qui ont lu son livre savent que ces moments sont notamment ceux où elle a eu l’idée de créer une platform shoe avant tout le monde et que son CEO l’a retirée de la collection avant de la montrer aux acheteurs. “La mode fonctionne à l’instinct”.

Mais il y a un autre problème à soulever. Depuis quelques semaines, Tamara Mellon mutliplie en effet les interviews dans lesquelles elle rapporte que Jimmy Choo, son partenaire de l’époque n’a jamais dessiné une seule chaussure. Si c’était à refaire donc? “C’était une super expérience. Vous apprenez de vos erreurs”.

 Enfin, entre deux sourires, elle a confié aux étudiants son meilleur conseil: “Suivez votre instinct. J’ai fait mes plus grosses erreurs lorsque je ne suivais pas le mien.” Ok Tamara, c’est noté.

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