Mode

Pourquoi les femmes qui créent pour des femmes sont plus importantes que jamais

Vraiment.

Une création Yanina Couture / A Little Hint of Fashion

Il n’y a qu’un mot qui importe lors des présentations des collections prêt-à-porter. Alors que nous nous contentons généralement d’être en extase devant les merveilles qui s’étalent devant nos yeux, les acheteurs et les investisseurs ne jurent que par une notion : est-ce portable ? Car pour être vendable, et donc rentable, une collection a besoin de séduire le plus possible. Et pour cela, le consommateur doit pouvoir s’imaginer dans les vêtements qui lui sont présentés.

Il faut reconnaître qu’habiller les femmes n’est pas une chose facile. Alors que la mode se doit d’être ludique, elle doit aussi être fonctionnelle et requiert deux obligations majeures : rendre les femmes belles (nous sommes de vaines créatures) et leur donner du pouvoir (nous devons toujours nous battre). L’ambiguité est là depuis le début. Après la guerre, Christian Dior voulait rendre les femmes attirantes tandis que Coco Chanel voulait les libérer. La meilleure chose à faire (mais la plus difficile) serait de nous rendre attirantes tout en nous libérant, ce que Diane von Fürstenberg a très bien réussi à faire avec sa robe portefeuille.

Aujourd’hui, il est facile de trouver les vêtements modernes et sexy (tout en restant classe). Vous voulez être une nymphe délicate? Elie Saab fait ça très bien, tout comme Alber Elbaz (Lanvin) et Christopher Bailey (Burberry). Vous voulez être un peu plus rock ? Allez chercher du côté de chez Proenza Schouler ou d’Olivier Rousteing (Balmain). Mais iriez-vous chercher vos enfants à l’école dans un trench translucide ou une mini en cuir à sequins ?

Et c’est là que l’importance des femmes qui créent entre en jeu. En 2014, habiller les femmes signifie habiller les mères de famille (qui travaillent ou non), les femmes qui veulent plaire (ou pas), celles qui restent à la maison… Un vrai casse-tête… dont certaines commencent à se soucier, comme Victoria Beckham, mère de quatre enfants et qui ne cesse de répéter qu’elle veut dessiner pour les femmes comme elle, qui ont des enfants et qui travaillent (et dont la dernière collection est d’ailleurs beaucoup plus fonctionnelle que celle de ses débuts). L’amorce avait déjà été donnée par Donna Karan qui, dans les années 80, avait révolutionné le monde de la mode en offrant ses 7 easy pieces, une collection composée de sept pièces coordonnables à l’infini pour éviter de perdre son temps devant la glace le matin tout en ayant chaque jour un look différent.

Leur avantage? Elles sont leurs premières clientes. Après tout, la différence entre Coco Chanel et sa robe en jersey et Christian Dior et son superbe tailleur Bar qui nécessitait des mètres de laine, est que la première pouvait sentir ses vêtements (et ne portait d’ailleurs que ses créations). L’an dernier Isabel Marant expliquait à H&M Magazine que son mantra était de ne créer que des vêtements qu’elle porterait elle-même, un conseil qui lui avait été donné lors de ses études au studio Berçot. Et si c’était ça, la solution ?

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