La collection Balmain x H&M / Marine Poyer

Je suis allée à la soirée Balmain x H&M (et ça m’a plu)

Confessions.

La collection Balmain x H&M / Marine Poyer
La collection Balmain x H&M / Marine Poyer

Je l’avoue, j’ai un faible pour le masstige. Démocrate convaincue, j’aime l’idée d’une veste ou robe « de créateur » qui ne me coûte pas mon loyer et ne soit pas une contrefaçon (c’est mal). Je l’avoue, j’aime cette petite frénésie qui entoure la révélation d’une telle collection: Pourra / pourra pas acheter la robe? Fera / fera pas la queue pendant quatre heures pour ladite robe? J’ai été déçue par le passé, me retrouvant dans des cabines pour m’apercevoir que la pièce que j’avais repérée et convoitée pendant plusieurs semaines me donnait finalement l’allure d’un champignon une fois enfilée. J’ai également eu des regrets: trop raisonnable, je tergiverse pendant trois siècles avant de quitter l’article derrière moi (ce maillot de bain Matthew Williamson x H&M me hante encore). Incapable de me décider il m’arrive de sonder ma famille/mes amis/l’Homme (pas de mention inutile à rayer ici, je sonde tout le monde sauf bien sûr, ma banquière) pour savoir si je dois oui ou non craquer. La meilleure réponse jusqu’ici? Celle de ma mère, qui m’a un jour répondu: « Robe reposée, regrets éternels ». Sachez que je compte un jour déposer ce slogan.

La collection Balmain x H&M / Marine Poyer
La collection Balmain x H&M / Marine Poyer

Mais pour Balmain, je savais. J’avais repéré plusieurs pièces et j’étais prête à braver la foule pour les essayer (et faire un gros tri vu les prix). Je voulais au moins les toucher pour en évaluer la qualité, observer les finitions et me faire un avis. Fan d’Olivier Rousteing, j’ai sauté au plafond lorsque j’ai su qu’il était le designer invité de l’année. Et non, je ne suis pas une novice qui a trop regardé Kim Kardashian. J’aime le chic intemporel de Dior, la coolitude effortless de Proenza Schouler me séduit, le romantisme macabre de McQueen m’émeut et la légèreté de Giambattista Valli me transporte. Ceci étant dit, je pense qu’il est simplement juste de reconnaître le talent d’un type qui présente des pièces de prêt-à-porter tellement élaborées qu’elles ressemblent à de la haute couture.

C’est donc de très bonne humeur que je me suis rendue au Palais Brongniart pour la présentation de la collection, le 3 novembre. Une fois à l’intérieur, j’ai découvert toute la ligne. J’ai pu tourner autour, regarder comment elle tombait… et repérer plusieurs pièces qui ne m’étaient pas apparues intéressantes en applat. C’est alors qu’Olivier Rousteing a fait son entrée, très discrètement. Si discrètement que j’ai failli lui rentrer dedans au moment où il prenait un selfie avec une admiratrice. J’aurais eu cinquante fois le temps de demander une photo moi aussi. Mais 1) je n’aime pas ça et 2) j’étais trop occupée à chercher une question intéressante à lui poser. Alors que je le regardais se plier gracieusement au jeu des selfies, une interrogation m’a traversé l’esprit : comment se sent-on lorsqu’une pléiade d’inconnus veut prendre une photo avec vous et vous attrape comme si vous aviez cousu des ourlets ensemble toute votre vie au moment d’appuyer sur le déclencheur ? Le temps que je m’interroge, il était parti. On n’est jamais prêt à rencontrer ses idoles, acte 2. (Pour les curieux, le très passionnant acte 1 est relaté ici.)

La collection Balmain x H&M / Marine Poyer
La collection Balmain x H&M / Marine Poyer

C’est alors qu’on nous a demandé de faire place, afin que des mannequins puissent se produire pour une petite session hip-hop (nota bene : on peut visiblement danser très à l’aise dans la collection Balmain x H&M). Au moment de quitter la scène, les mannequins/danseurs ont disparu derrière un rideau, qui s’est ouvert sur un magasin improvisé. Et c’est là que je me suis retrouvée dans un autre monde. Je pense que même Katniss Everdeen aurait rebroussé chemin.

Quelques minutes plus tard. Autour de moi, la désolation: des rayons et étalages vides. Je précise qu’à ce moment-là, je suis moi-même (qui a dit « grégaire? ») à la recherche d’une veste, désormais introuvable (j’ai dit que je voulais vraiment essayer ces trucs-là?). Je demande à une vendeuse si il y aura du réassort. Lorsqu’elle me répond par l’affirmative, je suis rassurée et attends patiemment. Les vendeuses, parlons-en : souriantes et calmes au milieu de la frénésie. Prêtes à aller voir en stock s’il reste une pièce dans une certaine taille et à vous chercher partout ensuite pour vous la ramener. (Oui, il y a beaucoup de choses plus importantes dans la vie, mais lors de ces ventes, le moindre geste humain est le bienvenue).

La collection Balmain x H&M / Marine Poyer
La collection Balmain x H&M / Marine Poyer

J’ai finalement récupéré plusieurs pièces (ça pèse lourd, soit dit en passant) que j’ai entrepris d’essayer. A ce stade, je dois préciser que les essayages se faisaient dans une cabine commune, dans le plus pur esprit « vestiaire de rugby ». Ca rapproche. Tellement que j’ai fini par refiler la moitié de mes articles à mes voisines parce que tout était trop grand pour moi. Culminant à 1m57, j’ai parfois un léger problème communément appelé : « My fashion eats me ». Comprendre : les cuissardes me donnent l’air du Chat Potté, un cabas oversize me donne l’allure d’une fille qui part trois semaines en vacances et malheureusement, le manteau de la collection, même en 34 (prêté par une « copine de cabine »), donnait l’impression de m’avoir avalée. Next. J’ai également découvert hier soir que les épaulettes et autres power shoulders ne m’allaient pas non plus. Blessant mais instructif. Toujours est-il que j’ai fini par faire plusieurs passages en cabine afin d’évaluer ce qui pourrait m’aller ou non pour finalement repartir  avec une certitude pas si nouvelle que ça: ça ne tombe jamais sur moi comme ça tombe sur le mannequin.

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