Lifestyle / Culture

Le livre à lire : « How to murder your life » de Cat Marnell

Witty.

How to murder your life par Cat Marnell / A Hint of Fashion
How to murder your life par Cat Marnell / A Hint of Fashion

Autant le dire tout de suite : cela faisait un bon moment que j’attendais ce livre. Car si je ne faisais pas partie des lectrices les plus assidues de Cat Marnell lorsqu’elle écrivait encore pour xoJane, j’avais clairement entendu parler d’elle et du fait qu’elle avait signé un contrat d’édition. Aussi, lorsqu’elle a refait surface à la fin de l’année dernière en teasant la couverture de son livre, j’ai été agréablement surprise. Et impatiente. Parce que loin d’être une énième « hot sensation » éphémère dont l’histoire a été exploitée par tous les tabloids il y a quatre ans, Marnell sait avant tout… écrire.

De son enfance du côté de Washington à son adolescence passée dans un pensionnat du Massachusetts ainsi que sa carrière de journaliste beauté à New York (au sein de plusieurs titres de Condé Nast, puis xoJane et enfin, Vice), le récit est tour à tour drôle et émouvant. Mais surtout, il est honnête : à aucun moment Marnell ne glamourise son état, passant en revue les fréquentations discutables qu’elle a entretenues, ses allers-retours en cure ainsi que la manière dont les différentes drogues qu’elle prenait l’ont empêchée d’avancer correctement. « Addiction versus ambition. It starts small » constate-t-elle dès l’un des premiers chapitres.

Et si le sens de l’humour qui a fait son succès à l’époque où elle écrivait pour xoJane est encore là, il ne fait que mettre en lumière la tristesse du reste du récit et de l’addiction de Marnell… qui est toujours bien vivante malgré un dernier passage en rehab (qu’elle a jugé fructueux) en 2014. Plus de cocaïne, de PCP ni même de cigarette, mais l’Adderall, qu’elle a commencé à prendre à l’adolescence fait encore partie du paysage. Et si elle ne blâme personne pour les erreurs qu’elle a pu commettre, elle finit tout de même par dénoncer (et c’est tant mieux), la fascination morbide dont elle a été l’objet en 2012, après son départ du site xoJane. A l’époque surnommée « Hot Bukowski » et contactée par des producteurs de télé-réalité prêts à filmer sa vie dissolue, Cat Marnell n’en restait pas moins lucide : « I guess I’ve finally burned out like everyone wants me to », expliquait-elle à son agent, lors d’une conversation rapportée dans son dernier article pour Vice, paru en janvier 2013. C’est le même constat qui revient en épilogue : « I was so sick that I’d been put on disability and dismissed from my job, yet my career was on fire. I was a mess just like I’d always been, but now everyone loved it. », se souvient-elle. Et c’est sûrement une bonne chose, finalement, qu’elle n’ait commencé à écrire ce livre que le jour où elle était supposée en rendre le manuscrit : cela aura laissé le temps à la hype de retomber, lassant les cyniques et ne conservant que ceux qui voulaient vraiment lire ce qu’elle avait à raconter.

How to murder your life, Cat Marnell, Simon & Shuester, 20,46 euros

Laisser un commentaire