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Le livre à lire : « The Vogue Factor » de Kirstie Clements

Vrai.

The Vogue Factor de Kristie Clements / A Hint of Fashion
The Vogue Factor de Kirstie Clements / A Hint of Fashion

D’accord, ce livre n’est pas tout récent. C’est en faisant du rangement que je l’ai retrouvé et que j’ai décidé de m’y replonger. Pendant 25 ans Kirstie Clements a été employée par l’édition australienne du magazine Vogue. Et pendant 25 ans elle a vu l’industrie de la mode changer et le métier de journaliste évoluer, pas forcément dans le bon sens.

Son histoire avait tout d’un conte de fées. Sortie de l’école elle se fait engager en tant que réceptionniste chez Vogue Australia avant de réussir à se faire une place, en aidant au département mode, puis à la beauté ou encore à l’éditorial. Peu à peu elle réussit à récupérer de plus en plus de missions et se voit offrir l’opportunité de voyager pour le compte du magazine jusqu’à devenir rédactrice en chef. C’est en mai 2012 que Clements a été remerciée par Vogue, sans s’y attendre.

Sur le papier, le livre avait tout de la biographie revancharde qu’on publie une fois qu’on s’est fait saquer mais en réalité, c’est plutôt une bonne surprise. Après tout, une Australienne qui a passé trente ans à travailler pour Condé Nast, migré en France parce qu’elle y avait rencontré son mari avant de revenir prendre la tête d’un Vogue moribond, c’était assez intéressant pour me pousser à aller jusqu’au bout. La bonne surprise? On se rend vite compte que Clements a les pieds sur terre et des standards qui font honneur au magazine pour lequel elle travaillait. De passage à New York on lui propose un rendez-vous de dernière minute avec le directeur d’un grand hôtel alors qu’elle a déjà une présentation de prévue? Elle n’annulera pas son engagement précédent sous prétexte que la seconde invitation paraît plus amusante. « The invitations come with the job, not because you are so special« , explique-t-elle.

Beaucoup a été écrit sur le caractère « sensationnel » du livre. Clements y explique en effet avoir été témoin de choses pas jolies jolies comme des mannequins réduites à manger des mouchoirs en papier pour ne pas grossir ou encore le fait que certaines maisons bâtissent leurs collections sur la silhouette d’un mannequin tellement maigre qu’elle passe sa vie à être nourrie par sonde à l’hôpital. Des révélations qui sortent de manière régulière et qui sont vite oubliées. Car ce qui ressort le plus, c’est son éthique. Au centre de ses préoccupations? Les lectrices du magazine qui attendent plus que la réécriture d’un communiqué de presse et par conséquent la nécessité de produire du contenu de qualité. Elle y expose aussi ses peurs de voir le monde du journalisme céder sous la pression économique exercée par les annonceurs : « The day is fast approaching when a magazine and its website will only be full of lifts, promotional shots handed out by clients, and staff Instagrams. And there will be a lot tier of upper management scratching their heads, wondering why circulation is tumbling and blaming the editor. It would never occur to them that the reader has been shortchanged. »

Il est intéressant d’avoir son point de vue sur le métier de rédactrice en chef, fonction qu’elle perçoit comme une possibilité de créer un bon magazine et non briller personnellement. Une lecture d’autant plus percutante à l’heure de la starification minute sur les réseaux sociaux.

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